Le groupe est complet pour la session d’automne 2026.
Les inscriptions sont débutées pour la session d’hiver 2027.

Développer sa capacité réflexive et construire une posture thérapeutique intégrée
La formation universitaire nous transmet des connaissances, des modèles théoriques et des façons d’intervenir. Pourtant, les premières années de pratique confrontent rapidement le thérapeute à une réalité plus complexe : il n’existe pas toujours une « bonne intervention » ni une réponse claire à ce qui se passe dans le bureau.
Ai-je bien fait d’intervenir ainsi?
Suis-je trop proche de ce client ou, au contraire, trop distant?
Pourquoi cette relation thérapeutique m’affecte-t-elle autant?
Que faire lorsque j’ai l’impression que la thérapie tourne en rond?
Comment savoir quand continuer seul à réfléchir et quand chercher le regard d’un tiers?
Ces questions ne témoignent pas nécessairement d’un manque de connaissances. Elles font aussi partie du développement d’une identité professionnelle et d’une pensée clinique qui nous appartiennent.
Ce groupe de supervision a été conçu pour offrir un espace permettant de les penser.
Développer sa capacité réflexive comme thérapeute
Le fil conducteur du groupe est le développement de la capacité réflexive du psychologue ou du psychothérapeute.
Par capacité réflexive, j’entends notamment la possibilité de prendre du recul sur une situation clinique afin d’observer :
- ce qui se passe chez le client;
- ce qui se joue dans la relation thérapeutique;
- ce que cette relation mobilise chez le thérapeute;
- ce qui influence notre manière de comprendre et d’intervenir;
- et ce qui, parfois, vient momentanément réduire notre capacité à penser.
Certaines situations cliniques peuvent en effet nous pousser à chercher rapidement une réponse, à agir pour diminuer notre inconfort, à nous rigidifier, à nous retirer ou à perdre notre curiosité.
La supervision vise à remettre de la pensée là où celle-ci tend à se rétrécir.
L’objectif n’est donc pas de fournir des recettes ou de déterminer systématiquement quelle aurait été la « bonne intervention », mais de soutenir progressivement la capacité du psychologue à élaborer ses propres hypothèses, à tolérer davantage l’incertitude et à développer des repères internes qui soutiennent son jugement clinique.
Une approche psychodynamique
L’approche privilégiée est psychodynamique, avec une attention particulière portée au processus thérapeutique, au cadre, aux mouvements relationnels, au transfert, au contre-transfert et à la vie affective du thérapeute.
Le groupe ne constitue toutefois pas un enseignement théorique de l’approche psychodynamique.
Les concepts servent plutôt de repères pour penser les situations cliniques concrètes apportées par les participant·es.
Le groupe n’est pas non plus un espace de thérapie personnelle. Même lorsque l’expérience subjective du thérapeute est explorée, la réflexion demeure ancrée dans la pratique professionnelle et dans la compréhension du processus thérapeutique.
Un parcours en cinq rencontres
Les cinq thèmes suivent une progression : développer sa propre pensée clinique, habiter sa position de thérapeute, réfléchir à ce que la relation nous fait vivre, préserver sa capacité de penser lorsque la clinique devient difficile et, finalement, développer son autonomie sans s’isoler.

Rencontre 1 : Construire son identité professionnelle et développer son jugement clinique
En début de pratique, il est naturel de s’appuyer fortement sur les modèles appris, les enseignements reçus et les expériences de supervision antérieures.
Cette recherche de repères peut toutefois devenir limitante lorsqu’elle se transforme en recherche de la « bonne intervention » ou lorsque la peur de mal faire empêche de réfléchir librement à la situation clinique.
Cette première rencontre permettra notamment d’explorer :
- le développement du jugement clinique;
- le besoin de validation;
- les loyautés envers les modèles, superviseurs ou enseignants;
- la peur de penser autrement;
- l’intégration progressive des modèles appris dans une pratique personnelle.
L’enjeu n’est pas de s’affranchir des connaissances acquises, mais de pouvoir les utiliser sans perdre sa propre capacité de penser.
Rencontre 2 : Le cadre thérapeutique et la juste distance
Le cadre thérapeutique dépasse les règles concernant les horaires, les absences ou les contacts entre les séances.
Il constitue aussi un cadre interne qui aide le thérapeute à conserver sa position lorsqu’une relation devient particulièrement sollicitante.
Certaines situations peuvent nous donner envie d’être davantage disponible, de faire une exception, de protéger le client ou, inversement, de prendre nos distances.
Cette rencontre permettra de réfléchir :
- à la proximité et à la distance relationnelle;
- à la fonction des limites;
- à la différence entre souplesse et difficulté à maintenir le cadre;
- aux mouvements de culpabilité ou de réparation;
- à la manière dont le cadre peut soutenir la capacité de penser.
La juste distance n’est ainsi pas une distance fixe : elle correspond davantage à la possibilité de rester engagé dans la relation sans perdre sa position de thérapeute.
Rencontre 3 : La vie affective du thérapeute
Le thérapeute n’est pas un observateur neutre.
Certaines relations peuvent susciter de l’irritation, de l’ennui, de l’inquiétude, de la culpabilité, un désir de protéger, une impression d’urgence, de l’admiration ou encore une difficulté inhabituelle à penser.
Dans une perspective psychodynamique, ces expériences peuvent devenir des sources précieuses d’information clinique lorsqu’elles sont reconnues et élaborées.
Cette rencontre permettra notamment de réfléchir :
- au transfert et au contre-transfert;
- aux résonances affectives du thérapeute;
- aux affects qui nous poussent à agir ou à nous retirer;
- à ce qui appartient davantage à notre propre histoire;
- à ce qui peut être suscité par la dynamique relationnelle.
L’objectif est de développer la capacité à passer de :
« Voilà ce que ce client me fait ressentir »
à :
« Qu’est-ce que ce que je ressens peut m’aider à penser de cette relation? »
L’affect devient alors non pas une vérité sur le client, mais une question clinique à explorer.
Rencontre 4 : Doute, impuissance et impasses thérapeutiques
Certaines thérapies progressent moins rapidement que nous le souhaiterions. Certaines semblent tourner en rond. Avec certains clients, nous pouvons avoir l’impression d’avoir tout essayé ou de travailler davantage qu’eux.
Dans ces moments, notre capacité réflexive peut se rétrécir.
Nous pouvons chercher frénétiquement une nouvelle intervention, devenir plus actifs, nous désengager ou commencer à interpréter notre sentiment d’impuissance comme la preuve que nous ne sommes pas suffisamment compétents.
Cette rencontre permettra de réfléchir :
- au doute clinique;
- au sentiment d’impuissance;
- à l’urgence d’agir;
- aux thérapies qui stagnent;
- aux répétitions relationnelles;
- aux impasses thérapeutiques;
- à la capacité de contenir et d’attendre.
Une question sera particulièrement importante :
Que devient ma capacité de penser lorsque j’ai l’impression que rien ne fonctionne?
L’objectif n’est pas nécessairement de faire disparaître immédiatement l’impasse, mais de retrouver suffisamment de recul pour recommencer à observer ce qui se joue.
Rencontre 5 : La solitude clinique et l’autonomie professionnelle
La pratique de la psychologie est profondément relationnelle et pourtant, elle comporte une part importante de solitude.
Nous sommes souvent seuls avec nos décisions, nos doutes et ce qui continue parfois de nous habiter après une séance.
Avec l’expérience, le psychologue développe progressivement des repères internes qui lui permettent de penser davantage par lui-même. Mais autonomie ne signifie pas autosuffisance.
Cette dernière rencontre permettra de réfléchir :
- aux situations que nous avons tendance à porter seuls;
- à ce qui peut nous empêcher de demander de la supervision;
- à la honte ou à la peur du jugement professionnel;
- à la différence entre réflexion et rumination;
- aux signes indiquant que notre pensée commence à tourner en rond;
- aux espaces professionnels nécessaires pour continuer à penser sa pratique avec d’autres.
La question devient alors :
Comment développer suffisamment de confiance en mon propre jugement pour penser de façon autonome, tout en sachant reconnaître les moments où j’ai besoin d’un tiers?
Cette dernière rencontre permettra également de réfléchir à la manière de préserver sa capacité réflexive au-delà du groupe.
Comment se déroulent les rencontres?
Chaque rencontre comporte un thème servant de fil conducteur à la supervision.
Le groupe comprend cinq rencontres de 90 minutes, chacune consacrée à un thème lié à la pratique clinique et à l’expérience du thérapeute. Les rencontres se déroulent en ligne, dans un groupe de maximum cinq participant.es.
Chaque séance débute par un court temps d’accueil et de mise en contexte du thème. À chaque séance, deux participant.es sont invité.es à présenter une vignette, une préoccupation ou réflexion, une situation clinique ou une expérience vécue dans leur pratique. Deux participant.es disposent ensuite d’environ 35 minutes chacun.e pour présenter une situation clinique, une préoccupation professionnelle ou une expérience vécue dans leur pratique. Il n’est pas nécessaire de préparer une présentation formelle : l’objectif est de partir d’une question qui mérite d’être explorée ensemble.
Après chaque présentation, le groupe contribue à la réflexion par ses questions, ses associations et ses différents points de vue. Un temps de clôture permet de revenir sur ce que chacune retient de la rencontre et sur les pistes qu’elle souhaite poursuivre dans sa pratique. À l’occasion, des textes pourraient accompagner les rencontres.
Même lorsque les participant.es ne présentent pas, les thèmes et les situations abordés offrent l’occasion à tous et à toutes de réfléchir à sa propre pratique.
La réflexion ne visera pas uniquement à déterminer « quoi faire » avec le client. Nous chercherons également à comprendre :
Qu’est-ce qui se passe dans cette relation?
Qu’est-ce que cela mobilise chez le thérapeute?
Qu’arrive-t-il à sa capacité de penser?
Et comment retrouver suffisamment de recul pour élaborer la situation autrement?
Les thèmes ne constituent donc pas cinq contenus pédagogiques à couvrir. Ils offrent plutôt cinq portes d’entrée pour approfondir la capacité réflexive à partir de situations cliniques réelles.
À qui s’adresse le groupe?
Le groupe s’adresse principalement aux psychologues ou aux psychothérapeutes en début ou en consolidation de pratique qui souhaitent développer une posture clinique plus consciente et personnelle.
Il pourrait particulièrement vous convenir si vous souhaitez :
- faire davantage confiance à votre jugement clinique sans cesser de vous questionner;
- approfondir votre compréhension de ce qui se joue dans la relation thérapeutique;
- mieux utiliser vos réactions affectives comme matériel de réflexion;
- réfléchir à votre cadre et à votre position thérapeutique;
- mieux tolérer le doute, l’incertitude et l’impuissance;
- développer des repères internes sans vous isoler professionnellement;
- bénéficier d’un espace où votre pratique peut être pensée avec d’autres psychologues.
Modalités — Hiver 2027
Petit groupe fermé : 3 à 5 psychologues ou psychothérapeutes
Format : visioconférence sur Zoom
Durée : 5 rencontres de 1 h 30, aux deux semaines
Horaire : vendredi, de 12 h 30 à 14 h
Dates : À DÉTERMINER
Coût : 550 $ pour le cycle, soit 110 $ par rencontre de 90 minutes. Le paiement peut être réalisé en un ou deux versements.
Un engagement est demandé pour l’ensemble des cinq rencontres afin de favoriser la continuité, la sécurité et la cohésion du groupe.
Un bref échange préalable permettra de discuter de votre contexte de pratique et de vos attentes, de présenter le fonctionnement du groupe et de vérifier si l’approche proposée correspond à vos besoins.
Le groupe est réservé aux psychologues ou aux psychothérapeutes membres de l’Ordre des psychologues du Québec.
Si vous êtes intéressé.e., merci de remplir le formulaire ci-dessous en répondant aux trois questions suivantes:
- Pouvez-vous me décrire brièvement votre parcours professionnel (années de pratique, milieu actuel, type de clientèle)?
- Qu’est-ce qui vous amène à être intéressé·e par ce groupe de supervision en ce moment?
- Y a-t-il un enjeu particulier de votre pratique que vous souhaiteriez pouvoir réfléchir dans cet espace de supervision?